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Plus de 1000 jours de guerre au Soudan : l’urgence humanitaire plus vive que jamais

Au Soudan, la guerre fait rage et plonge la population dans la détresse

Le 9 janvier 2026 marquait le 1 000ème jours de la guerre au Soudan. Ce conflit dévastateur a engendré l’une des crises humanitaires les plus graves au monde.

 

Plus de 30,4 millions de personnes, soit près des deux tiers de la population, ont un besoin urgent d’assistance.

Les communautés sont assiégées et les civils affamés. Les violences basées sur le genre (VBG), y compris les violences sexuelles liées au conflit, sont omniprésentes, alimentant ce qui a été décrit comme une guerre menée contre les femmes et les filles.

Des millions de personnes ont été déplacées et peinent à accéder aux soins de santé, à un abri, à la nourriture, aux kits d’hygiène ou à tout autre bien essentiel pour vivre dans la dignité. L’accès aux services de protection est extrêmement limité.

L’ampleur de la crise est incarnée par Nada, une femme qui a fui sa ville natale d’Al Jazirah il y a plus de deux ans et qui vit toujours déplacée à Port-Soudan :

« Je ne suis qu’une parmi des millions dont la vie a été brisée. J’ai tout perdu. Nous avons besoin de soutien pour reconstruire nos vies, pour pouvoir revivre. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Cela finira par nous tuer – et bientôt. J’ai peur chaque jour. Être sous les tirs ou entendre des explosions ne m’effraie pas autant. Ce qui me terrifie, c’est cette mort lente du quotidien. »

Les femmes et les filles portent le poids le plus lourd de cette crise, confrontées à la faim, à la violence et au déplacement. Pourtant, elles sont aussi en première ligne de la réponse humanitaire, à travers des organisations dirigées par des femmes et des fameuses « Emergency Response Rooms »[1].

Dans le même temps, les coupes drastiques dans l’aide humanitaire ont gravement affaibli les capacités de réponse. En 2025, les initiatives portées par des femmes — pourtant essentielles pour la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre — ont reçu moins de 2 % des ressources du « Fonds humanitaire pour le Soudan ».

« Malheureusement, les coupes budgétaires nous ont contraints à réduire considérablement nos activités. Nous avons perdu près de 80 % de nos ressources », explique Nadia Eltoum, Directrice exécutive d’Almanar, une organisation sur place. « Les communautés se retrouvent frustrées et insuffisamment soutenues, et des enfants souffrant de malnutrition modérée basculent vers des formes sévères faute d’accompagnement. »

[1] Les « Emergency Response Rooms » sont une initiative locale formée par le Comité de résistance au Soudan qui ont joué un rôle central dans la poursuite de l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations affectées par la guerre. L’initiative a été louée par l’Union Européenne et a été même nominée pour le Prix Nobel de la Paix de 2025. Voir : https://rightlivelihood.org/the-change-makers/find-a-laureate/emergency-response-rooms/